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    Mon ado est perdu face à ses choix d’orientation #2

    Les vacances sont terminées, nos ados ont fait leur rentrée et pour certains l’heure du choix d’orientation va bientôt sonner.

    C’est un moment souvent stressant pour les familles. Et pour cause ! Comment choisir devant tant de possibilités ? Comment faire un choix qu’on ne regrettera pas ? Et quand on sait que 80 % des métiers de 2030 n’existent pas encore, comment choisir une voie sans savoir quelles compétences ces nouveaux métiers vont demander ? Enfin, quelle est ma place de parent dans ce choix ?

    Dans l’article précédent, je vous expliquais que j’avais eu la chance d’assister au salon O21 « s’orienter au 21ème siècle » à Paris et je partageais avec vous les deux premières clés que j’en retirais pour aider nos jeunes à faire un choix d’orientation. Si vous n’avez pas lu cet article, je vous invite à le lire ici.

    Dans ce deuxième article, je vous présente deux autres clés.

    Que dire à un ado perdu face à ses choix d’orientation ? et quel rôle jouons nous, parents, dans ce choix ?


    Clé n°3 : N’AIE PAS PEUR DE TE TROMPER

    En France notre modèle éducatif ne valorise pas l’erreur. Résultat : la peur de se tromper est source de stress et peut être paralysante.

    Outre atlantique, au contraire, l’échec est un moteur, il peut rendre plus fort. Nombreux sont ceux qui ont échoué avant de réussir (Walt Disney, Steeve Jobs etc…). Je vous invite à visionner cette vidéo « est-il si grave de se tromper ? » (durée 3’35) du site O21.

    1.Ce n’est pas le choix de toute une vie

    Thomas PESQUET dans son témoignage pour O21, précise au sujet des jeunes et des choix d’orientation :

    « C’est un moment très difficile, qui génère énormément de stress. On a l’impression qu’on doit déterminer toute sa vie.
    Or ce n’est pas le cas. Je veux donc leur dire : « Déstressez un peu ! ». Ce n’est pas une décision que vous allez prendre
    aujourd’hui qui va être valable pour toute la vie. En avançant sur le chemin, vous allez vous rendre compte que la vie n’est pas une ligne droite et qu’une multitude de bifurcations est possible. Vous pouvez être heureux dans différents métiers. Il s’agit d’essayer les choses et, si cela ne marche pas, il sera toujours temps de changer. « 

    Témoignage de Thomas PESQUET

    Par conséquent, si votre ado fait un choix d’orientation qu’il regrette en cours de cursus, il aura tout de même acquis des compétences, des connaissances.

    Et tout l’enjeu sera de valoriser cette expérience.

    2. Valoriser son expérience

    Alors comment valoriser cette expérience ?

    Il faut savoir qu’il existe aujourd’hui des formations que l’on appelle « formation en T ». Ce sont des formations avec une base solide et une ouverture à d’autres domaines.

    Par exemple, il existe des doubles licence comme la Licence Droit et Sciences à l’Université Paris II ou encore la double licence gestion Langues Etrangères Appliquées à l’IAE de Lyon.

    Le monde du travail de demain aura besoin de personnes aux compétences très spécialisées et de personnes aux compétences transversales.

    Ces cursus sont bien sûr plus abordables pour des jeunes qui ont un « bon » dossier scolaire.

    Pourtant je pense qu’il est, dans son esprit, transposable à tout parcours étudiant.

    Dans cette optique, il me semble important de valoriser ce qui, à première vue ressemble à une « erreur de parcours ».

    L’expérience acquise, même si le jeune se rend compte en cours de cursus qu’il s’est trompé d’orientation doit pouvoir être valorisée. Cette expérience apportera une ouverture, un autre regard à un cursus spécialisé. Et votre jeune aura un bagage plus riche lors de son entrée dans le monde du travail.

    Oser suivre son intuition, ne pas avoir peur de se tromper, saisir les occasions, multiplier les expériences, voilà le message que nous pouvons transmettre à nos enfants !

    3. Aider les autres pour s’enrichir et se trouver

    Enfin, pour les jeunes qui se cherchent, il peut être enrichissant de s’engager au service de l’intérêt général pour quelques mois dans le cadre du service civique. Ouvert aux jeunes de 16 à 25 ans sans condition de diplôme, le service civique est indemnisé. Il est compatible avec une poursuite d’étude ou un emploi à temps partiel.

    En bref, le service civique permet d’oser, tester, se découvrir des talents. Le jeune prend confiance en lui en apportant quelque chose à la société et en recevant de la reconnaissance.

    Le service civique peut véritablement permettre, à un jeune en difficulté scolaire et qui n’a pas été reconnu pour son travail pendant sa scolarité, de se révéler. C’est en tout cas ce qui ressort du témoignage de plusieurs jeunes intervenants à l’O21 venus partager leur expérience.

    Et après le service civique ?

    Pour les jeunes qui souhaitent construire un projet après le service civique :

    L’Institut de l’engagement propose un accompagnement personnalisé sur le projet du jeune : reprise d’étude, recherche d’emploi, création d’activité.

    Pour en savoir plus, je vous invite à visionner cette vidéo (durée 2 minutes) de témoignages de jeunes, accompagnés par l’Institut de l’engagement. Vous y verrez des jeunes, passionnés, qui ont repris en main leur projet professionnel.


    Clé n°4 : LE RÔLE DES PARENTS

    Lors de son intervention au salon O21, Catherine Jousselme, pédopsychiatre, précise que les parents sont plus stressés qu’il y a 20 ans au sujet de l’orientation de leurs enfants.

    Les jeunes ont parfois du mal à dire ce qu’ils ont vraiment envie de faire, ils sentent ce stress et ne veulent pas blesser ou inquiéter leurs parents.

    Alors comment on fait ?

    1.L’importance de faire confiance à son enfant

    Faire confiance, ça donne confiance à son ado. C’est l’un des plus beau cadeau que nous pouvons faire à nos enfants.

    Mais ce n’est pas toujours évident. En tant que parent, nous avons parfois des peurs, qui nous paraissent légitimes puisque nous voulons le bien de nos enfants.

    Dans ce cas, Catherine Jousselme précise l’importance de parler de ses peurs (elles relèvent d’un danger objectif : par exemple traverser une route sans regarder s’il y a une voiture est un danger objectif) à son ado mais de ne pas lui transmettre nos angoisses (qui sont du ressort de nos fantasmes : par exemple si mon enfant ne choisit pas une filière scientifique il ne trouvera pas de travail relève du fantasme). Il nous appartient d’aller travailler nos angoisses avec un tiers (médecin, psychologue..).

    De plus, l’ado grandit, cherche plus de liberté et le parent a des limites qu’il doit poser. Les lignes bougent. Il y a forcément des points sur lesquels nous ne sommes pas d’accord.

    Selon, Catherine Jousselme, les lignes vont bouger doucement et cela ne peut passer que par des discussions, des recherches de compromis. Ce n’est que par la discussion que la confiance s’installe.

    2. Accepter que le projet qu’on avait pour son enfant ne soit pas le sien

    N’oublions pas que l’adolescent est dans une période de construction de son identité. Et lui imposer un projet peut l’empêcher de construire son identité.

    C’est la raison pour laquelle, quand un jeune a un projet, bien ficelé, il faut essayer de lui faire confiance en entourant d’un filet de sécurité.

    Parfois, le jeune ne veut pas blesser, décevoir ou inquiéter son parent. Il s’accroche dans des études qui ne lui plaisent pas et il fait des choix pour faire plaisir ou en réaction au parent. La conséquence est un risque de dépression du jeune.

    Alors, pour éviter d’en arriver là, il est important de communiquer.

    Et si la communication entre le parent et son ado est trop difficile ou rompue, il est important de se faire aider par un médecin, un pédopsychiatre, un coach ou même un autre membre de la famille.

    Catherine Jousselme insiste sur l’importance de ne pas rester seul quand la situation est bloquée et qu’il n’y a plus de communication.


    CONCLUSION

    Alors qu’est ce que je dis à mon ado perdu face à ses choix d’orientation ?

    Et bien, j’ai envie de lui dire de ne pas avoir peur de se tromper, qu’il sera toujours possible de valoriser son expérience et que j’ai confiance en lui.

    La peur de se tromper et/ou la peur de décevoir ses parents peuvent être paralysantes et conduire le jeune à faire des choix uniquement guidés par la raison.

    Je suis convaincue qu’un choix pérenne est guidé par la raison certes mais aussi largement par le cœur.

    N’oublions pas qu’il y a toujours une prise de risque, on ne peut jamais être sûr à 100 % que nos choix sont les bons.

    Et vous, quel rôle jouez-vous dans les choix d’orientation de vos ados ? Sentez-vous, chez votre enfant, la peur de se tromper ? comment réagissez-vous dans ces circonstances ? N’hésitez pas à partager vos expériences, vos clés, et notamment celles qui fonctionnent bien, elles pourraient être utiles à d’autres !

    Je vous invite à visionner, avec cette dernière vidéo, que je trouve émouvante et pleine d’espoir, les témoignages de 5 jeunes au salon O21.

    Faisons confiance à nos enfants, invitons les à saisir les opportunités et à écouter leur cœur.

    Je vous rappelle que le salon O21 a lieu tous les ans dans plusieurs villes de France.

    Je vous encourage vraiment à assister à ce salon qui est d’une grande richesse par la diversité des témoignages, des intervenants et des ateliers qui y sont proposés.

    Je terminerais par cette citation de Nelson Mandela :

    « Que vos choix reflètent vos espoirs et non vos peurs ».

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